Selon la Haute autorité de santé, l’anxiété sociale est un trouble du comportement qui toucherait 4,7% de la population française.
La peur est une émotion naturelle. Nous la ressentons tous. À différente échelle, pour plusieurs raisons, et en fonction du contexte. Lorsque l’on évoque l’anxiété sociale, la peur est associée à des situations singulières.
Cette gêne est ressentie lors des activités sociales (ou lors de situations de performance) dès que la personne se sent observée, embarrassée, humiliée, rejetée, préoccupée par le jugement, etc.
Elle se caractérise par une crainte, un malaise, voire une crise d’angoisse, à l’idée de se confronter au regard de l’autre, prendre la parole/manger en public, faire de nouvelles connaissances, se retrouver en compagnie d’inconnus…
L’anxiété sociale est une timidité maladive – incontrôlable et irraisonnable. Cette phobie prend le pas sur les interactions, elle empêche de se réaliser, et peut nuire au quotidien. Elle provoque un mal-être profond et se manifeste par un comportement en souffrance.
Bon à savoir : l’introversion n’est pas de la timidité, elle se caractérise par un besoin de se retrouver seul et au calme pour recharger ses batteries.
Quels sont les facteurs génétiques et environnementaux de l’anxiété sociale et comment se traduit-elle ?
On ne naît pas timide, c’est un mécanisme de défense qui s’est installé durant l’enfance ou bien transmis au niveau de l’épigénétique. L’anxiété sociale touche plus souvent les femmes que les hommes et se développe généralement entre 8 et 15 ans.
Nota Bene : plusieurs questionnaires permettent d’évaluer la sévérité des troubles et leurs répercussions dont le plus connu est le GAD-7, destiné à dépister l’anxiété généralisée en 7 questions.
La phobie sociale peut être associée à une hypersensibilité et altérer le quotidien de la personne touchée. Elle peut avoir des difficultés à s’exprimer dans le cadre du travail, peur de ne pas réussir à interagir avec son entourage, à faire de nouvelles rencontres.
C’est malheureusement un cercle vicieux. Les personnes souffrant d’anxiété sociale présentent souvent d’autres troubles psychologiques comme la dépression, une agoraphobie, un trouble de la personnalité, etc.
D’un point de vue physique, l’anxiété sociale peut se manifester par :
Un traitement médicamenteux (antidépresseurs et des anxiolytiques) est à considérer en dernier recours : découvrons les thérapies pour lutter contre cette phobie.
Le suivi psychologique peut aider à vaincre l’anxiété sociale. Il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel de santé mentale afin de comprendre l’origine du problème et trouver des solutions adaptées.
Cette démarche permet au patient d’apprendre à gérer son anxiété en modifiant ses pensées, ses peurs et ses croyances grâce à des expositions progressives aux situations qu’il juge angoissantes, mais dans un contexte sécurisé. Il s’agit d’une “désensibilisation” pour outrepasser une crainte, se débarrasser de ses carcans et regagner confiance en soi.
Bon à retenir : certains thérapeutes utilisent l’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing), une technique de remédiation cognitive basée sur les mouvements oculaires.
En plus d’adopter une bonne hygiène de vie (équilibre alimentaire, activité physique, sommeil), il est recommandé d’éviter de consommer des excitants (café, tabac, alcool, substances psychotropes), et de se tourner vers :
Note importante : il est essentiel de conserver des liens avec l’entourage et que ce dernier fasse preuve de patience et de compréhension (écoute, bienveillance, réassurance, accompagnement, conseils, etc.).
Si vous souffrez d’anxiété sociale, n’hésitez pas à demander de l’aide à un professionnel de santé (médecin traitant, psychologue, psychothérapeute), et de faire appel à des organismes de soutien et des associations (groupes de parole, service d’écoute, ateliers, sorties…). Ne restez pas seul : se soigner, c’est aussi être bien entouré(e) !