TPE de moins de 10 salariés : comment mettre en place une mutuelle collective ?
Depuis le 1er janvier 2016, tout employeur du secteur privé est tenu de proposer une complémentaire santé collective à l’ensemble de ses salariés, dès l’embauche du premier salarié. Dans une TPE de moins de 10 salariés, qui ne dispose généralement pas de délégué syndical ni de CSE, la voie la plus simple pour la mise en place du régime est la décision unilatérale de l’employeur (DUE) ; cette démarche permet à l’employeur de choisir le contrat d’assurance, sous réserve de prendre en charge au minimum 50 % de la cotisation et de remettre un document écrit à chaque salarié.
Avant tout, un réflexe : vérifier votre convention collective. Elle peut déjà prévoir un niveau de garanties ou un financement minimal que votre contrat devra respecter.
La réponse en bref
- L’obligation s’applique dès 1 salarié, en CDI comme en CDD.
- Sans accord de branche ni accord d’entreprise, la mutuelle se met en place par décision unilatérale de l’employeur, remise à chaque salarié contre preuve.
- L’employeur finance au moins la moitié de la cotisation, pour des garanties au moins égales au panier de soins minimal.
- Le contrat doit être responsable et solidaire pour ouvrir droit aux exonérations sociales.
- Certains salariés peuvent demander une dispense, notamment ceux déjà en poste lorsque la DUE prévoit une part salariale.
Ce que la loi impose à une TPE
Les obligations légales en matière de complémentaire santé collective s’appliquent aussi bien aux entreprises de deux salariés qu’aux grands groupes. En revanche, au sein d’une TPE, leur mise en œuvre doit souvent être assurée sans service de ressources humaines dédié, ce qui nécessite une approche simple, adaptée et rigoureusement conforme à la réglementation.
| Obligation | Ce que prévoit la règle | Point d’attention |
|---|---|---|
| Salariés couverts | L’ensemble du personnel, ou une catégorie objective de salariés | Le dirigeant non salarié n’est pas concerné par cette obligation |
| Financement | Au moins 50 % de la cotisation obligatoire à la charge de l’employeur | Vous pouvez aller au-delà, jusqu’à 100 % |
| Garanties minimales | Le panier de soins fixé par décret : ticket modérateur, forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, soins dentaires prothétiques et orthodontie à 125 % au moins de la base de remboursement, équipements et soins du 100 % Santé | Votre convention collective peut exiger davantage |
| Caractère collectif et obligatoire | Tous les salariés concernés sont affiliés, sauf cas de dispense prévus | Condition des exonérations sociales |
| Contrat responsable et solidaire | Pas de sélection médicale, respect des planchers et plafonds de remboursement | Condition des exonérations sociales |
Accord de branche, référendum ou DUE : quel acte choisir ?
Une mutuelle d’entreprise doit reposer sur un acte juridique. Dans une petite entreprise, il s’agit souvent d’une mise en place par voie de décision unilatérale de l’employeur (DUE).
| Acte | Comment il fonctionne | Dans une TPE |
|---|---|---|
| Accord d’entreprise | Négocié avec les représentants du personnel | Rare en l’absence de représentants |
| Ratification par référendum | Projet de l’employeur approuvé par la majorité des salariés intéressés | Possible, mais très procédural |
| Décision unilatérale de l’employeur | Écrit de l’employeur remis à chaque salarié | La voie la plus courante et la plus rapide |