Qu’est-ce qu’une Convention Collective Nationale (CCN) ?

Définition

Une Convention Collective Nationale est un accord écrit négocié entre une ou plusieurs organisations syndicales représentatives de salariés et une ou plusieurs organisations professionnelles d’employeurs.

Cet accord peut prévoir, entre autres :

  • des salaires minimums,
  • des conditions de travail, d’emploi, de démission,
  • des garanties de protection sociale, etc…

Il vise généralement à améliorer les dispositifs de droit commun.

La majorité des entreprises et donc la majorité des salariés dépend d’une convention collective particulière (comme la coiffure, les services automobiles, …).

A NOTER : Les CCN sont identifiables via un code unique appelé « IDCC » attribué par le Ministère du Travail.

CCN et régime frais de santé

Qu’est-ce qu’une CCN et comment identifier la vôtre (IDCC) ?

Une Convention Collective Nationale (CCN) adapte les règles du droit du travail aux particularités de chaque secteur professionnel. Elle encadre de nombreux éléments (salaires minima, congés, préavis…). Elle peut également définir les obligations des employeurs en matière de protection sociale complémentaire, notamment pour la santé et la prévoyance.

Pour connaître vos obligations, vous devez d’abord identifier votre IDCC (Identifiant de Convention Collective).

Comment trouver votre IDCC sans vous tromper ?

  • Sur le bulletin de paie : il doit obligatoirement y figurer.
  • Les pièges à éviter : Ne confondez pas l’IDCC avec le numéro de brochure. De plus, ne vous fiez pas uniquement à votre code APE/NAF : une convention collective s’applique selon l’activité principale réelle de votre entreprise, et non selon un intitulé administratif.
Bon à savoir : Vous avez un doute sur votre rattachement (multi-activités, holding, changement d’APE) ? Un mauvais rattachement fausse votre contrat collectif.

L’Accord National Interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi, conclu le 11 janvier 2023, a entériné la couverture complémentaire obligatoire pour tous les salariés du secteur privé. Jusqu’alors, il n’existait pas d’obligation générale de négocier sur la complémentaire santé ni au sein des entreprises, ni au sein des branches d’activité.

Aussi, en l’absence de dispositions conventionnelles et d’obligations au niveau de l’employeur, le salarié devait souscrire un contrat individuel auprès d’un assureur pour être couvert et rembourser des soins de santé, au-delà de ce que la Sécurité sociale rembourse.

Désormais, et ce depuis le 1er janvier 2016, tous les salariés du secteur privé doivent être couverts par un contrat de complémentaire santé collectif et obligatoire comprenant un niveau minimal de garanties, quelle que soit la taille de l’entreprise.

En effet, l’ANI a fixé un niveau minimum de remboursement, c’est le « panier minimum de soins« .
L’employeur ne peut pas proposer une complémentaire santé en dessous de ces garanties.

Le contrat proposé par l’employeur doit, entre autres, prévoir :

  • La prise en charge du ticket modérateur sur l’ensemble des dépenses de santé remboursées par la Sécurité sociale (à l’exception des cures thermales, des médicaments remboursés à 30 % et 15 % et l’homéopathie)
  • La prise en charge intégrale et sans limitation de durée du forfait journalier hospitalier ;
  • La prise en charge intégrale des paniers « 100 % Santé » en optique, dentaire et audiologie (dans la limite des prix et honoraires limites de vente) qui permettent aux assurés français d’avoir un reste à charge 0 pour certaines prestations.
  • La prise en charge des dépenses pour les lunettes «hors 100 % Santé » par période de 2 ans à hauteur de 100 € minimum pour un équipement à verres simples, 150 € pour un équipement à verres mixtes (simple et complexe) et 200 € pour un équipement à verres complexes.
  • La prise en charge à hauteur de 125 % de la base de remboursement pour les prothèses dentaires « hors 100 % Santé » et de l’orthodontie acceptée par la Sécurité sociale.

Par ailleurs, l’ANI a instauré l’obligation pour l’employeur de financer au moins 50 % du coût de la couverture obligatoire mise en place au sein de l’entreprise.

Les partenaires sociaux des branches professionnelles négocient des accords de branche portant sur les frais de santé afin de prendre en considération les spécificités de la branche d’activité et donc d’adapter les obligations légales au besoin de la branche.

Ainsi, par exemple, un accord frais de santé peut mettre en place un niveau de garanties supérieur à celui prévu par l’ANI ou encore imposer une participation patronale allant au-delà des 50 % minimum de la cotisation afférente à la couverture du salarié.

Accord de branche vs Accord d’entreprise : qui prime ?

La règle est simple : la branche (via la CCN) définit un cadre minimal obligatoire. Une entreprise peut négocier un accord interne pour améliorer ces dispositions, mais ne peut les réduire. Une erreur courante consiste à appliquer un accord d’entreprise sans vérifier si la convention collective a été récemment mise à jour par un avenant, notamment concernant les minimas de garanties.

N’oubliez pas la prévoyance (Décès, Invalidité, Incapacité)

Votre CCN peut également vous imposer des obligations strictes en matière de Prévoyance lourde. Selon votre secteur, la convention peut imposer :

  • Des taux de cotisations spécifiques et une répartition employeur/salarié précise.
  • Des prestations obligatoires en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
  • Des obligations distinctes pour les salariés cadres et non-cadres.

A NOTER : Certaines professions dépendent d’une CCN pour lesquels les partenaires sociaux ne se sont pas encore accordés sur les frais de santé. C’est le cas par exemple de :

  • La vente à distance
  • La banque
  • Les transports publics

Application de la CCN

Un employeur est tenu de respecter la convention collective de son secteur et sous-secteur d’activité dans certains cas :

  • Lorsqu’il a adhéré à une organisation syndicale signataire de l’accord de branche et que l’entreprise entre dans le secteur professionnel et territorial défini par l’accord ;
  • Lorsque l’accord de branche a fait l’objet d’une extension par le Ministère en charge du travail.

Cette procédure, effectuée à la demande des syndicats ou à l’initiative du Ministère, a pour effet de rendre obligatoire l’accord à l’ensemble des employeurs entrant dans son champ d’application professionnel et territorial, sans pour autant que l’employeur soit adhérent à un syndicat signataire.

NB : La conformité du régime avec les obligations conventionnelles relève de la compétence du juge prud’homal. Un salarié pourrait décider, à titre individuel, de saisir les Prud’hommes pour solliciter l’application des avantages issus de la convention collective auxquels il peut prétendre.

Formalismes et URSSAF : l’importance de sécuriser vos preuves

La conformité ne se limite pas à la souscription d’un contrat d’assurance. En cas de contrôle URSSAF ou de contentieux, il appartient exclusivement à l’employeur de démontrer que l’information relative à la mise en place du régime au sein de l’entreprise a été correctement transmise aux salariés et que les justificatifs ont été conservés. À défaut, l’entreprise s’expose à un risque réel de redressement.

Les documents indispensables à archiver :

  • L’acte juridique fondateur : la DUE (Décision Unilatérale de l’Employeur) ou l’accord d’entreprise.
  • La preuve de remise de la notice d’information à chaque salarié.
  • Les bulletins d’adhésion aux garanties.
  • Les justificatifs de dispense d’affiliation (renouvelés annuellement si nécessaire) pour les salariés ayant refusé l’adhésion à la mutuelle.

Si l’entreprise dépend de plusieurs secteurs d’activité, l’employeur choisit pour tous ses salariés la convention la plus pertinente à appliquer en fonction de l’activité principale de la société :

  • Activité industrielle : l’activité principale se mesure au nombre de salariés
  • Activité commerciale : l’activité principale se mesure en chiffre d’affaires
  • Activité commerciale ET industrielle : l’activité principale retenue sera l’activité industrielle sous réserve que le chiffre d’affaires représente plus d’un quart du CA total

CCN et choix de l’organisme assureur

Depuis le 13 juin 2013, un accord ou une convention collective de branche ne peut plus désigner un organisme en particulier. Les partenaires sociaux des branches d’activité ont, cependant, la possibilité de promouvoir un ou plusieurs organismes grâce :

  • À la recommandation,
  • À la labellisation,
  • Au référencement.

Ces procédures de recommandation, labellisation et référencement n’ont aucune force contraignante ; ainsi, les entreprises sont libres de choisir leur organisme de complémentaire santé.

Elles doivent, toutefois, veiller à respecter les conditions minimales qui ont été décidées au sein de la branche.

Chez M comme Mutuelle, nous assurons et distribuons 10 CCN :

  • CCN des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif (dite CCN 51),
  • CCN de travail des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées (dite CCN 66),
  • CCN Service de l’automobile,
  • CCN des Industries chimiques et connexes,
  • CCN du Sport,
  • CCN Animation (ECLAT),
  • CCN de la Coiffure,
  • CCN Bureaux d’études techniques et des sociétés de conseils (dite CCN SYNTEC),
  • CCN Transports routiers de Marchandises et Sanitaires

et environ plus de 30 CCN supplémentaires avec notre partenaire AXA OCCEA.

Passer à l’action : Audit de conformité CCN avec M comme Mutuelle

Chez M comme Mutuelle, nous transformons la complexité de votre Convention Collective Nationale en solutions opérationnelles. Notre objectif : vous aider à sélectionner une couverture conforme, pertinente et optimisée, sans sur-assurance et avec un processus de souscription simplifié. Votre numéro de SIRET suffit pour démarrer !

Ce que nous faisons pour vous :

Votre besoin Notre action Ce que vous recevez
Identifier la règle Vérification de l’IDCC et du champ de branche Votre CCN applicable, certifiée à jour
Mettre en conformité Analyse comparative entre votre contrat actuel et les obligations conventionnelles Relevé des écarts et plan d’actions correctives
Sécuriser la preuve Accompagnement sur le formalisme employeur Kit documentaire (DUE, notices, modèles de dispenses)
« Une conformité claire, c’est moins de stress RH et plus de protection pour chaque salarié. »

FAQ – Convention collective et obligations de l’employeur

Une entreprise peut-elle ne dépendre d’aucune CCN ?
Oui, même si cette situation reste exceptionnelle. Cela peut se produire lorsque l’activité principale n’entre dans le champ d’application d’aucune convention. Dans ce cas, il y a lieu d’appliquer les obligations de droit du travail ; en frais de santé, cela signifie que l’employeur doit mettre en place un régime répondant aux minimas prévus par l’Accord National Interprofessionnel de 2013.

Où trouver la CCN si l’IDCC n’apparaît pas sur le bulletin de paie ?
L’absence de cette mention constitue une anomalie, car elle est obligatoire sur le bulletin de paie. Vous pouvez toutefois retrouver cette information sur le contrat de travail de vos salariés, auprès de votre expert-comptable, ou en effectuant une recherche par mot-clé/activité sur Légifrance ou le site du Ministère du Travail.

Quels sont les risques si ma mutuelle ou prévoyance n’est pas conforme à la CCN ?
Les risques sont multiples : un litige prud’homal avec un salarié, ou encore l’obligation pour l’entreprise d’indemniser elle-même un salarié sur ses fonds propres en cas de sinistre insuffisamment couvert par un contrat non conforme.